Archive pour le 12 octobre, 2008

asalam alaykoum warahmato allahi wabarakatoh.

12 octobre, 2008

La question de l’image, sur laquelle repose celle de la photographie, divise les savants musulmans. Mais avant d’aller plus loin, il est important d’éclaircir un point, qui va permettre de mieux comprendre ce dont il va être question. Les termes

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arabes employ és dans les Hadiths qui se rapportent à ce sujet sont « at taswîr » et « as soûrah ». Ces deux termes, synonymes, désignent aussi bien les statues et les idoles (appelées « as souwar oul moudjassadah » que les gravures, les illustrations et les images peintes. Ces mots ont par ailleurs donné le terme actuel de « at taswîr ouch chamsiy », qui désigne la photographie. A partir de là, il faut savoir que les Hadiths qui évoquent le « taswîr » sont assez différents, et ce sont ces différences qui ont occasionnés les divergences d’opinions entre les savants musulmans.

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Tandis que certaines Traditions interdisent et condamnent toute forme d’images, que celle-ci représente des êtres animés ou inanimés (comme c’est le cas dans un Hadith rapporté par Abou Houraïra (radhia allâhou anhou) et cité par l’Imâm Boukhâri r.a. dans le chapitre « Bâb adhâbil mosawwirînes yawmal quiyâmah » , d’autres laissent apparaître que certaines formes sont licites et autorisées. Ainsi, Ibné Abbâs (radhia allâhou anhou) rapporte des Hadiths (voir Sahih Boukhâri, « Bâb bayit tasâwîr allati laysa fîha rouh », ainsi que Sahih Mouslim) qui montrent clairement que la représentation d’êtres inanimés est tolérée en Islam, et que l’interdiction ne s’applique donc qu’aux êtres animés.

D’autres Hadiths encore montrent que même parmi les représentations d’êtres animés, seules celles qui sont suspendues, celle qui sont gardées avec respect ou par vénération sont interdites (Voir pour cela le Hadith rapporté par Aïcha (radhia allâhou anha), qui dit en ce sens qu’elle avait un voile sur lequel étaient dessinés des êtres vivants; le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) lui ordonna de le découper et de s’en servir pour faire des oreillers et des coussins. Dans un autre Hadith, il est dit que Djibraïl (alayhis salâm) refusa une fois d’entrer dans la maison du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) parce qu’il y avait un rideau avec des êtres animés. Le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) ordonna alors qu’on le retire et qu’on l’utilise comme tapis. Ce Hadith est cité par An Nasaï

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r.a.)

Enfin, certains Hadiths montrent que ce sont les statues et les idoles qui sont interdites, et non pas les illustrations et les images qui se trouvent sur les vêtements (Hadith rapporté par Bousr (radhia allâhou anhou) et cité par Tirmidhi r.a.)
Par ailleurs, certaines Traditions désignent explicitement la cause de l’interdiction du « taswîr » (sous toutes ses formes, représentant une créature vivante ou un objet) comme étant le fait qu’il mène progressivement l’être humain vers le « chirk », l’associationnisme. C’est dans le processus de conciliation entre ces différents types de Hadiths que sont apparues les divergences entre les savants musulmans.Pour simplifier,voici une synthèse des différents avis émis sur la question:
A- Il y a unanimité de la  » Oummah  » sur l’interdiction des idoles et des statues, comme le rapporte Qâzi ‘Ayâdh r.a.
B- Il est permis de faire ou d’acquérir une image représentant quelque chose d’inanimé (arbres, paysages…), à condition que cette chose ne soit pas l’objet d’un culte pour une quelconque religion.
C- Il est permis de garder des images d’êtres animés, si elles sont de très petite taille, comme c’est le cas sur les pièces de monnaies par exemple.
D- Si une image représente une créature animée (homme, animal) dans ce cas il y a des divergences entre les savants musulmans. Selon beaucoup de oulémas, ce genre d’images est aussi interdit. D’autres savants (dont une grande partie des oulémas de l’école mâlékite) sont d’avis que ce genre d’images est permis sous certaines conditions :
l’image ne doit pas représenter une divinité ou une créature à laquelle un culte est voué.
l’image ne doit pas être le produit du travail d’un artiste qui cherche pas son geste à imiter la création de Dieu.
l’image ne doit pas non plus avoir pour but de glorifier ou de vénérer une personnalité humaine.
Selon ce groupe de savants, les images n’étaient pas permises au début de l’Islam, puis elles ont été autorisées, et l’interdiction n’est restée que pour les idoles et les statues.

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Pour en venir maintenant à la question de la photographie, il est encore une fois évident que sur ce point aussi les avis sont partagés, et ce pour la simple et bonne raison que ce procédé n’existait pas à l’époque du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam). Pour pouvoir statuer sur la question, les oulémas ont eu recours au « Idjtihâd » (voir le mini-lexique pour le sens de ce terme). Certains savants (c’est le cas notamment de la grande majorité des savants indo-pakistanais, suivant en cela les principes de base de l’école hanafite) assimilent la photographie à l’image dessinée, et la déclarent illicite si elle représente une créature animée (hommes, animaux…), sauf en cas de nécessité (Papiers d’identité…). D’autres savants considèrent au contraire que la photographie n’est qu’un reflet de la réalité et ne peut être comparée à une image dessinée. Selon eux, la photographie est donc permise, tant qu’elle ne montre pas quelque chose d’illicite.

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