à un « Bar mitsva,

Quel est le sens du mot Bar mitsva ?
Le mot bar  a le même sens que bén qui veut dire fils.
Mais quand il est joint à un autre nom, il veut dire « qui possède la qualité de », « qui relève de », « membre de »,
par exemple
bar-mazal, qui a de la chance,
bar-toqéf, qui est valide.
Donc, Bar mitsva signifie : qui relève de l’obligation de réaliser les mitsvotes. Et non pas « qui arrive à la fête des 13 ans ».

Quel seuil franchit le jeune de 13 ans qui devient Bar mitsva ?
Quand un garçon arrive à l’âge de 13 ans et un jour, il est alors capable de réaliser les mitsvotes que Haqqadoche Baroukh Hou demande aux hommes de Son peuple d’accomplir, comme un « ordre », ce qui est le sens du mot mitsva. Et il en a l’obligation au même titre que tous les autres adultes plus âgés que lui.
Les Principes des Pères (Pirqé Avote) disent : « chéloche êssré la mitsvote, 13 (ans) pour les mitsvotes ».
Il bénéficie également des mêmes avantages qu’eux, à égalité. Par exemple, certaines prières demandent la présence de 10 hommes adultes ( un « minyane »), et celui qui franchit le seuil de 13 ans compte désormais dans le myniane au même titre qu’un homme de 20 ans ou de 60 ans, ni plus ni moins.
« Etre Bar mitsva » indique donc précisément que l’on est entré dans une étape qui durera jusqu’à la fin de sa vie, c’est ce que l’on appelle : être adulte.

Un changement de l’être
« Etre Bar mitsva » est donc un changement d’être qui entraîne un changement d’attitude de la part des autres. Ce jeune ne fait plus partie des « enfants ».
On peut, certes, dire qu’il est un jeune, ou un écolier, etc. mais, pour le judaïsme, il est un adulte, pas un gamin. Il « est devenu bar mitsva » et il le restera toute sa vie. 
Un changement de statut. C’est un stade que l’on garde toute la vie.
Il a des responsabilités, il a des droits, et la Torah s’adresse à lui : elle est une lettre et un message qu’il doit recevoir, connaître, apprendre, comprendre et appliquer.

Le jour de la bar mitsva
Tout homme juif qui a atteint ce seuil où il relève de la réalisation des mitsvotes de la Torah est désormais « bar mitsva ». Et il le restera toute sa vie. Ce n’est donc pas un jour ni la cérémonie d’un jour. Tout jeune juif et tout adulte juifs « sont bar mitsva ».
Le « jour de la bar mitsva » est la reconnaissance de ce statut et non pas la fête des 13 ans.

Une erreur
Parfois, on voit des familles qui n’ont pas compris que leur enfant a atteint ce statut et elles n’y voient qu’une fête de passage vers l’état d’homme. Alors elles déguisent le jeune en costume d’homme, elles pensent que désormais il veulent l’aider à se comporter selon les caractéristiques les plus  extérieures des hommes et parfois les plus vulgaires et elles l’initient à cela : elles le mettent en situation avec une jeune fille dans les bras et le font danser et il y a des spectacles de filles en grande partie dénudées qui dansent, ainsi ils pensent qu’il ressentira l’excitation sexuelle et sera initié. Il va de soi qu’on est là hors de tout judaïsme, que c’est la pire des initiations contraire à la découverte de l’amour qui intègrerait en soi une sexualité responsable, intime et délicate. On ne sera pas surpris ensuite des désastres qui arriveront dans la relation amoureuse et conjugale.
De plus, le sens essentiel est absent : l’entrée d’un nouvel homme dans la Torah.

La véritable attitude éducative des parents
Nos Sages disent qu’à ce stade des 13 ans, le yetser ha râ (instinct du mal) du jeune ne domine plus sur son yetser ha tov (instinct du bien) et que ses parents ont réussi à  atteindre ce stade par leur éducation. Le judaïsme est caractérisé par le conscience de ces exigences éducatives familiales. L’école n’est qu’une aide et ne peut pas remplacer ce devoir essentiel des parents qui est une obligation de la Torah. Elle ne peut pas être déléguée à l’école, même à l’école juive la meilleure qui ne devra être considérée seulement comme une adjointe qui aide les parents.

Le sens de la fête
Nous fêtons un individu parce qu’il est reconnu assez développé, assez noble, assez responsable et assez intelligent pour prendre la responsabilité de la Torah et cela se fête. C’est une grande date dans la vie de quelqu’un. C’est une grande date dans la vie de la communauté.
On fête aussi la joie des parents qui ont réussi à amener un enfant à cette étape grandiose. C’est aussi une fête pour eux car l’enfant devient responsable de soi et, à cause de cela, le père dira la bénédiction citée plus bas.
On fête les grands parents qui ont l’émotion de voir les générations d’une famille juive se poursuivre et la Torah être assumée à nouveau par un maillon supplémentaire dans la chaîne des générations. C’est aussi leur réussite de Juif et d’êtres humains.
On fête parce que c’est une nouvelle réussite du judaïsme et du projet de la Torah.
Donc, quand on dit : « quand est-ce le jour de ta bar mitsva ? », l’expression est une erreur, il faudrait dire : « quel jour deviendras-tu Bar mitsva » ? C’est important,pour ne pas dire des choses inexactes.

Ce qui se passe le premier jour du statut de Bar mitsva
Nous comprenons maintenant ce qui va de dérouler :
- il va réaliser la mitsva de mettre les téfillines chaque matin avant une certaine heure, 
- il va se joindre chaque jour à un minyane d’au moins 10 hommes pour la prière du matin,
- il va dire les trois prières chaque jour,
- il va accomplir le Chabbate dans toutes ses règles,
- il va étudier la Torah chaque jour, afin de la connaître et d’apprendre toutes les mitsvotes qu’il va accomplir.
- si c’est un jour où on lit la Torah en public (lundi, jeudi, chabbate), il montera à la Torah et lira sa paracha. Si, malgré ses efforts sérieux il n’y parvient pas à la lire toute entière, il en lira une portion. En tous cas, il montera à la Torah et dira les bénédiction au Chabbate de sa paracha.

Comment compter le premier jour
Puisque le jour juif comment au coucher du soleil, on atteint l’étape de Bar mitsva à la tombée de la nuit qui commence ce jour du 13e anniversaire de la naissance. Evidemment selon le calendrier juif et non pas selon le calendrier chrétien (ayons un peu de bon sens et de dignité personnelle !).
Un petit calcul pour des années spéciales. Il y a ces cas :
- si l’enfant est né au premier mois de Adar d’une année ordinaire, et que l’année où il atteint ses 13 ans est une année avec deux mois de Adar, il devient Bar mitsva pendant le mois de Adar chéni. Une telle année est nommée année embolismique (chana méoubététe).
- si l’enfant est né au premier mois de Adar  I d’une année embolismique (chana méoubététe), il deviendra Bar mitsva au jour correspondant du mois de Adar ordinaire, Adar I.
- si l’enfant est né dans une année embolismique (chana méoubététe), et que l’année où il atteint l’âge de 13 ans est également une année embolismique, en ce cas, il deviendra Bar mitsva au jour correspondant du mois de sa naissance, Adar I ou Adar II.
- si l’enfant est né au mois de Adar chéni (Adar II) d’une année embolismique (chana méoubététe), il peut se faire que ce mois supplémentaire n’existe pas l’année où l’enfant atteint l’âge de 13 ans. En ce cas, il deviendra Bar mitsva au jour correspondant du mois de Adar ordinaire, Adar I.
Cliquez pour trouver : 
- la date hébraïque du jour actuel,
- le jour hébraïque de votre naissance, le jour de votre bar mitsva et le nom de votre paracha,
- tout ce qu’il faut connaître sur le calendrier juif.
- le logiciel Maven non gratuit  de calcul des dates juives.

L’organisation de la fête
Elle a une importance quasiment aussi grande que celle du mariage.
Voici les usages qui mettent en valeur tout ce que nous avons dit.
On invite la famille et les amis à la synagogue.
Souvent la famille offre un qiddouche à la synagogue.
Le jeune adulte est habillé de vêtements neufs. Il mange souvent un fruit nouveau. Il dit la bénédiction de Chéhé’héyanou sur eux pour remercier d’avoir atteint ce jour.
Le père dit Baroukh ché pétarni méônecho chel zé, Béni Celui qui m’a dispensé de la punition de celui-ci. Ne soyez pas effrayé par cette bénédiction. Elle est dite par un père qui remercie de ne pas être coupable d’avoir refusé à son fils une éducation juive. Cela montre la gravité de la mission que le père juif avait à remplir et qu’il a bien assumée. En effet, dans le texte du Chémâ Yisrael, il est dit que le père doit enseigner la Torah à ses enfants jusqu’à être capable de leur parler pour tout dans les mots de la Torah.
Cela veut dire qu’il a recouru aussi à un enseignement juif de l’hébreu, de la Torah, des bénédictions, qu’il a pris les dispositions pour que son fils soit capable de lire la paracha de cette fête, directement dans le livre de la Torah en la chantant avec les signes musicaux de chaque mot, etc. Un père qui a rempli cette o-bli-ga-tion de celui qui met au monde un enfant juif pousse un grand soupir de soulagement et de satisfaction d’avoir réussi une tâche si importante et tout le monde s’associa à sa joie et le félicite. 
Les cadeaux viennent aussi traduire la participation à la joie.
Au repas (la séouda), il y aura des divré Torah, plusieurs qui en sont capables parleront de la Torah ou de la paracha pour rendre présente la joie de Torah qui caractérise ce jour. On invite des rabbins si possible. On met en valeur la joie de la Torah, de l’étude qui permet d’y atteindre, et de la vie vécue selon les middotes de bien  de la Torah à l’image des middotes du Créateur.
On chante des chants de Torah qui traduisent la joie. Ce n’est pas une soirée disco ni l’initiation à l’ambiance de « boîte ». 
Le jeune qui devient Bar mitsva, lui-même, montrera qu’il a étudié la Torah et sa paracha en faisant un dévar Torah (ou dracha), pendant lequel il remerciera aussi ses parents et ses grands parents avec des mots qui traduiront ses sentiments personnels. Il manifestera ainsi qu’il est conscient, adulte, responsable et capable.
Ce repas est, pour tout cela, nommé séoudate mitsva, repas festif de la mitsva.
Celui qui n’a pas eu le bonheur d’avoir des fils juifs et de les voir réaliser leur accès à la Bar mitsva, ne doit pas s’attrister. En effet, nos Sages disent que s’il l’a souhaité et a tout fait pour y parvenir, cela lui est compté comme s’il l’avait fait. Dans ce cas, ils disent aussi qu’il a probablement rempli cette mitsva dans un autre guilgoul. Enfin, celui qui aide les pauvres à réaliser ces mitsvotes par l’aide financière et par l’éducation juive qu’il donne, c’est si l’on peut dire comme si lui-même les avait mis au monde et éduqués. D.ieu, Lui sait ce qu’il en est. Et il faut être confiant et calme face à la volonté du Créateur qui n’est que bonté.

Deux points très importants et qu’il est nécessaire de souligner.
 

1. 
L’ESSENTIEL de l’acte de la semaine de la bar-mitsvah 
est le fait et l’obligation de mettre les téfilines et de continuer ensuite tous les jours de la vie ; 
ce n’est pas la lecture de la Torah le jour du Chabbat.

 tefilinemettre.jpg

C’EST CET ACTE DES TEFILINES QU’IL FAUT VALORISER AU MAXIMUM.
POUR CELA IL FAUT ENSEIGNER LE SENS DE CET ACTE.
Il faut aussi bien placer ces téfilines. L’erreur la plus répandue est de les poser sur le haut du front alors qu’il faut les poser comme sur la photo de ce jeune, juste sur les cheveux au début de l’implantation après le front.  Le motif de l’erreur vient souvent de ceci : le noeud arrière des téfilines  placé sous la nuque est trop éloigné et il faut bien le régler par une personne qui connait la science de ce noeud. Cela est sûr et il faut veiller à le faire exactement chaque jour. Vérifier dans un miroir, au début, et avec la main, et demander à quelqu’un si c’est exact. Garder la même précision chaque jour de toute la vie. 

tefilinerosh.jpg 
 
(ces trois belles photos nous ont été fournies grâce à Annie Messas, 
on peut les retrouver sur le site de OterIsrael www.oter-israel.co.il
qui assure la fabrication de téfilines de première qualité. On y voit parfaitement la lettre chine à 4 branches et les taggim au dessus de la première des branches de ce chine).

2. Deuxième point important : pureté éducative de la fête.

Nous avons vu plus haut ce qu’est le sens et ce qu’est le style de cette fête. Elle ne doit pas sortir de cet axe de la Torah. Cela veut dire concrètement que ce n’est pas le jour pour tout mélanger et remercier les relations d’affaires et transformer cette étape de la vie de Torah d’un Juif en journée d’intérêts d’argents, ni en compétition de « m’as-tu vu » et en ostentation de richesses. Il est interdit de se ruiner pour « rendre des invitations », pour faire comme les plus riches de la communauté, pour éblouir. Ce n’est pas un festival de richesses, ni un étalage d’argent, c’est une fête de la Torah. Les prophètes fustigent au nom de D.ieu ceux qui transgressent ces règles et utilisent le meilleur de la Torah pour en faire le pire.
De plus, il est interdit d’humilier les autres par l’orgueil et les dépenses inutiles alors que les pauvres existent et que le surplus devrait aller vers eux ; par exemple il est souhaitable d’apprendre au jeune que ses parents vont donner ce jour-là de la tsédaqa pour les oeuvres d’éducation (Modia, par exemple) ou pour les pauvres qui ne peuvent pas se payer une éducation juive, pour les préparer aux cours de Bar mitsva, etc. La tsédaqa devra être à la hauteur de la fête que l’on donnera et non pas être une aumone, mais faire partie conséquente du budget.
C’est la Torah qui doit être fêtée et non l’orgueil personnel.
Tous les Sages de la Torah de chaque génération le répètent depuis les prophètes parlant au nom du Créateur.
Le jour où on fête l’arrivée de l’enfant au jugement droit et basé sur la Torah allant jusqu’aux actes moraux (les middotes), il importe que les parents ne fassent pas eux-mêmes une erreur et une faute de vulgarité morale, même avec les meilleures itentions.
Au contraire, les parents auront le souci de faire de ce belle fête un excellent souvenir et une grande joie qui soient aussi un enseignement de Torah par la démonstration de la façon de savoir se comporter en Juif intelligent, digne et moral.
Comme il y a de fréquentes erreurs sur ces points, il ne faut pas hésiter à en discuter en groupes d’études, préalablement.
On aura le bonheur d’aider les pauvres à pouvoir s’offrir également une belle cérémonie de ce type et ils seront aussi des invités appréciées pendant la fête.

Comment se préparer à bien lire la paracha
1) Sur Modia, il y a des pages qui permettent d’éviter les erreurs flagrantes et les plus fréquentes dans la lecture de la Torah. Le papa et celui qui aidera le jeune à se préparer pourront s’y reporter avec lui.
2) Il est nécessaire de bien comprendre le sens de la paracha de ce jour de la Bar mitsva, la page du site Modia qui rassemble les liens à tous les parachiyotes vous donne accès à la paracha de votre fils. Vous pourrez ainsi préparer avec lui. Vous y trouverez aussi de nombreux thèmes pour la dracha.

Comment continuer l’étude après la Bar mitsva
Il faut soutenir et organiser l’étude après le jour de la fête pour avancer dans la réalisation des mitsvotes. Cela veut dire qu’il faut s’organiser un programme d’étude :
- étude du chabbate,
- étude de la prière,
- étude des fêtes,
- étude quotidienne de la paracha.
On avancera peu à peu dans ce programme selon la méthode qui est précisée dans la page des « Conseils pour l’étude ».
Une bonne solution : se grouper à plusieurs après la Bar mitsva pour continuer cette étude, avec l’aide d’un adulte plus expérimenté dans l’étude.

La cérémonie du jour de la fête est donc l’entrée dans la vie d’étude de la Torah, l’entrée dans la compréhension de l’intelligence de la Torah, et l’entréé dans la conscience du bonheur de la Torah… pour atteindre le couronnement dans la cérémonie de la ‘houpa, du mariage dans quelques années

Si vous vous posez des questions, écrivez-moi.

Chalom !
Yehoshua Ra’hamim Dufour
Yérouchalayim


Les téfilines
(Description, sens, commentaires, pratique)

 

Ils sont par excellence ce que le père doit enseigner à ses fils, comme il est dit dans le texte placé dans les téfilines : Et lorsque ton fils, un jour, te questionnera en disant :
qu’est-ce que cela ? tu lui répondras… (Chémote 13, 14). 
Voilà pourquoi je place ici toutes ces données afin que les pères puissent les apprendre avec précision et les étudier avec leurs fils pour les leur enseigner : il faut avoir réalisé cette expérience que nous demande la Torah dans nos vies.

Le mot vient de la racine téfila ou prière. Une lourde traduction française et anglaise les nomme phylactères à partir de la nomination péjorative du Nouveau Testament selon le grec qui veut dire amulettes. C’est l’une des bases de l’antisémitisme chrétien séculaire contre les Pharisiens et rabbins ridiculisés et méprisés par eux (Matthieu 23, 5). Pourtant c’est une obligation de la Torah ou mitsva comme il est dit en Dévarim 6, 8 : 
oudéchartam et tu les attacheras
lé ot âl-yadékha en signe sur ta main
vé hayou lé totafote et ils seront en fronton
béïn êinékha entre tes yeux.

Les téfilines sont 
- deux boites cubiques ou batim  (Ména’hote 35a) de peau peinte en noir. Une boite, au singulier, se dit bayit, maison. Le socle se nomme titoura. La partie arrière dans laquelle coulisse la lanière se nomme maavarta.
- Dedans il y a les parchemins écrits.
- Ces boites sont rangées dans des boitiers qui les protègent.
- Cet ensemble avec les lanières est rangé dans un sac.
 

Le Traité Sanhédrine 88b-89a décrit la composition de ces deux cubes : quatre compartiments pour celui de la tête renfermant un texte chacun, et un seul compartiment pour celui du bras qui comporte les 4 textes sur une même surface. Comme on ne trouve pas d’autre trace écrite dans la Torah, ceci est un magnifique exemple de la transmission intégrale et fidèle de la Torah depuis Moché par la voie orale. On en trouve une preuve en Sanhédrine 92b : « Ribbi Eliézér fils de Ribbi Yossi le Galiléen a dit : les morts que le prophète Ye’hezkiel a fait revivre sont montés en Erets Yisrael, ils se sont mariés et ont eu des fils et des filles. Ribbi Yéhouda fils de Bétéra s’est levé et a dit : je suis un de leurs descendants, et voici une paire de leurs téfilines que je tiens de mon grand-père. »
Que l’on me permette de dire ceci : chaque fois qu’un Juif prie avec les téfilines, qu’il pense avec émotion qu’il est la souche vivante d’une mort qui s’est produite un jour par l’exil et qu’il en ressente le respect pour cette fidélité et la reconnaissance d’être celui qui vit vers la Terre d’Israel ou sur la Terre d’Israel pour y vivre ce qui est dit dans les textes inscrits.

Voici, de gauche à droite), les phases de la fabrication de ces boites cubiques avec leurs compartiments (atelier Otser Israel) 
La peau  est tannée, épurée, déformée pour constituer les compartiments qui recevront la Torah et, pour la finition parfaites de ces cases, on fait subir au cuir une pression de plusieurs tonnes avec des protections. En conséquence, des peaux simples et fines (péchoutotes ou dakotes) ne sont pas une bonne qualité ; il faut qu’elles soient épaisses ou gassotes.

 tefilinefaire.jpg

Durée de préparation. Alors, les batim sont prêts s’ils n’ont aucune anomalie. Comme notre croissance humaine, cela prend des mois et des mois. Puis on forme le chine de chaque côté, processus très délicat et long. Pour fermer, on coud avec du nerf. Et on peint en noir l’ensemble externe, selon des précautions halakhiques qui font durer le travail pendant plusieurs semaines. L’ensemble de la fabrication, si elle est sérieuse, prend environ un an. Tout cet ensemble est symbolique de notre mise en forme dans la vie de la Torah. On comprend aisément que l’on accorde du « prix » dans tous les sens du terme à la qualité des téfilines que l’on va porter, et sur tous les critères dont nous venons de parler ; on ne cherche pas les téfilines les moins chers et de qualité médiocre. Au contraire, on recherchera un sofer religieux, d’honneteté sûre et pieux, vivant lichma, on demandera à voir des exemples de l’écriture et, si on n’est pas compétent soi-même pour apprécier, on s’adressera à un atelier de qualité reconnue ; on demandera la garantie de remboursement s’il y a une erreur lors de l’examen ultérieur. 

Entretien. On les protègera, les rangera bien en les plaçant à l’abri de l’humidité et des chocs… mais en les mettant chaque jour sur soi toute la vie. 

Contenu.
Les téfilines contiennent les textes de la Torah suivants : Chémote 13, 1-10 et 13, 11-16 ainsi que Dévarim 6, 4-6 et 11, 13-21 ; il faut  lire ces textes et leurs commentaires car ils nous indiquent le sens de cette pratique qui résume tout le judaïsme et l’engagement de tout notre être (tête logique et intellectuelle, coeur, bras de l’action) et la manifestation de cela face à autrui. 
Voici un extrait ces textes indiqués par Ména’hote 34b. Se reporter à la version complète dans la Torah.
Chémote 13, 1-10. Hachém  parla à Moché pour transmettre : Consacre-Moi (qaddéche li)tout premier-né, toutes prémices des entrailles parmi les enfants d’Israël, soit homme, soit animal : c’est mon bien. Et Moché dit au peuple : Qu’on se souvienne de ce jour où vous êtes sortis d’Egypte, de la maison d’esclavage, alors que, par la puissance de Son bras, Hachém vous a faits sortir d’ici…
Chémote 3, 11-16. Et lorsque ton fils, un jour, te questionnera en disant :
qu’est-ce que cela ? tu lui répondras… (Chémote 13, 14). 
Dévarim 6, 4-6. Chémâ Yisrael, Hachém Eloqénou, Hachém é’had. Ecoute Israel, Hachém  notre D.ieu, Hachém est Un. Tu aimeras Hachém ton D.ieu  de tout ton coeur, de tout, de toutes tes ressources. Ces devoirs que je t’impose aujourd’hui seront gravés dans ton coeur. Tu les inculqueras à tes enfants et tu t’en entretiendras avec eux dans ta maison, en voyage, en te couchant aussi bien qu’en te levant. Tu les attacheras comme signe sur ton bras et tu les porteras en fronteau entre tes yeux. Tu les inscriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes…

Ecriture
Ces textes sont écrits sur un parchemin dont la meilleure qualité est le klaf chélil. Le parchemin peut être « enduit » d’une couche qui facilitera l’écriture, il est dit alors klaf machoua’h ; mais c’est un procédé de moindre qualité car il peut s’écailler et il sépare l’acte et l’encre du parchemin ; il est préférable de s’en dispenser. L’écriture se fait sur une ligne  non apparente nommée sirtoute.

Le parchemin est écrit en une seule surface placée dans les téfilines du bras et sur quatre surfaces séparées placées dans les téfilines de la tête. La différence entre les téfilines de Rachi et ceux de Rabbénou Tam vient de ceci : Rachi place les textes dans l’ordre indiqué ci-dessus tandis que Rabbénou Tam inverse l’ordre des deux derniers. Cela a sens et les deux formes se complètent mais il n’est digne de porter les deux sortes de téfilines chaque jour que si l’on a atteint le niveau de connaissance et de pratique que cela manifeste. On trouve ces différences même sur les téfilines trouvés dans des fouilles remontant à près de 2000 ans. La majorité des Juifs portent les téfilines de Rachi. Quelques uns mettent aussi les téfilines de Rabbénou Tam à la fin de la prière du matin (cha’harite)  mais sans redire la bénédiction qu’ils ont déjà dite en enfilant auparavant les téfilines de Rachi.
Ils sont écrits sur du klaf (Rambam, Tefiline 1, 6-8), peau de l’animal, du côté le plus proche de la chair de l’animal. Tout a sens. Cela doit venir de la peau d’un animal cachér (hormis le poisson) et la préparation de ce support doit avoir été faite avec intention (Chabbate 8b et Sanhédrine 48b) sinon les téfilines sont passoul (non cachères) et interdits d’usage.

Le sofer (écrivain) ne doit pas écrire de mémoire ni automatiquement par habitude mais  lichma :avec conscience de chaque acte,  crainte de D. et humilité, amour et intention pure (cavana), corps propre, et il prononce chaque mot avant de l’écrire. S’il écrivait un Séfér Torah,  il devrait également avoir devant lui le texte qu’il écrit.
Il écrit chaque lettre avec un espace blanc autour et avec une clarté telle qu’un enfant puisse bien le lire. 
Sur 7 lettres de l’alphabet,  on ajoute toujours 3 traits montants ou couronnes (tagguins), et sur 6 autres on ajoute toujours une couronne. Neuf lettres restantes n’ont pas de tag ou couronne, ce sont les lettres qui composent les mots mélékhete sofer (travail du scribe). Ces tagguins réfèrent au sens des 12 pierres que Yehoshua a placées dans le Jourdain en entrant dans la terre promise.

On qualifie l’écriture ou un mot ou une lettre de méhoudar quand elle est belle, exacte selon les règles halakhiques et graphiques. On parle de qualité acceptable  lé hat’hila quand l’écriture est moyenne tout en n’étant pas inexacte. On parle de qualité acceptable  après-coup bédiavad quand l’écriture est moyenne, soulevant des problèmes tout en n’étant pas inexacte après le verdict d’une personne qualifiée.L’amour de la Torah et du projet divin sur l’homme et sur le Juif incite à choisir une qualité méhoudar. C’est à ces niveaux que les questions se  les téfilines ; c’est pour cela qu’il est dit que D.ieu lui-même met les téfilines (Bérakhote 6a).

On doit choisir aussi l’écriture de ses téfilines selon la communauté à laquelle on appartient. Cela est facile à reconnaître : le chine askénaze est pointu en dessous 

tandis que le chine sépharade est formé d’un trait presque horizontal vers le bas, 
et il y a d’autres différences  par exemple pour le alef :

 alef askénaze; alef sépharade ; alef ‘hassidique dit du Ari.
Le ‘hét ‘hassidique ou du Ari comporte une particularité car il est composé d’un zayine et d’un vav alors que les autres communautés l’écrivent avec deux zayines.
Chacune de ces particularités d’écriture est une tradition de Torah et met en valeur des sens profonds. Cela s’applique également à vos mézouzotes et rouleaux de la Torah ou d’Esther.

Pour tous ces motifs, on ne peut pas acheter des téfilines à la va-vite dans n’importe quelle boutique, d’autant qu’il y a des ateliers de fabrication qui emploient des écrivains non Juifs,  non cachers et à bon marché. Il faut  examiner les mézourotes une ou deux fois tous les 7 ans si les téfilines car l’humidité externe risque de détériorer les lettres, mais les téfilines n’ont pas cette exigence s’ils ont été écrits parfaitement par un expert sûr et n’ont pas été abîmés. Sinon, il faut les examiner périodiquement.

Sur le boitier de la tête est inscrite la lettre chine des deux côtés, à droite selon l’écriture habituelle, mais à gauche selon une écriture inhabituelle puisque le chinea 4 jambages. Cela réfère a une dimension  plus élevée, plus proche de la source et de l’avenir. Les deux bandelettes entourent la tête comme sur la photo et se rejoignent en un noeud qui a la forme de la lettre dalète. Cela réfère au nom divin de Chaddaï composé des lettres chine-dalète et youd, nom de la bénédiction fructifiante. Mais alors, où se trouve la lettre youd ? Elle est dessinée par les spires de la courroie sur les doigts.  tefilin.jpg
(à droite, on distingue bien le noeud en forme de la lettre dalète. Regardez aussi le chine à 4 branches sur le boitier de la tête, à droite, ainsi que les 4 compartiments. Par contre, le boitier du bras, à gauche, n’a qu’un compartiment)

Ils sont portés avec l’aide de courroies l’un sur le bras gauche du côté du coeur (voyez le verset 8, 6 du Cantique des Cantiques : « porte-moi comme un sceau sur ton coeur… ») et l’autre sur la tête. 

Quand ? Le matin avant le quart du jour délimité par le soleil apparent, pour dire le Chéma Yisrael et pendant toute la prière du matin (cha’harite) et aussi quand on le veut dans l’étude. De mêmeaines communautés les portent à Min’ha. On ne les porte pas le Chabbate (car il est déjà un signe), ni les jours de fêtes,  ni la nuit. Pendant les jours intermédiaires des grandes fêtes, l’usage est différents suivant les communautés ; en Israël, on ne les porte pas alors.
A diverses époques, on le portait aussi pendant la journée ou toute la journée. Le Talmud cite souvent ces exemples.
Quelques femmes très savantes en Torah ont porté aussi les téfilines bien que ce ne soit pas une obligation. La règle générale (aussi bien pour les hommes que pour les femmes) dans le judaïsme est que l’on ne doit pas s’imposer des obligations facultatives quand on n’est même pas capable de bien assurer avec connaissance, intention et fidélité l’ensemble des obligations que l’on doit assumer. C’est la grande sagesse du judaïsme. Cela dit, il n’y a pas d’interdiction de principe.

C’est un signe d’amour et de fidélité et de grand effort que de porter chaque jour les téfilines. Celui qui était ignorant et revient de son ignorance, de ses erreurs ou de ses révoltes prend souvent le retour au téfilines  comme le signe qu’il se replace  à l’intérieur de la Torah et de la mission de son peuple.
Les téfilines ont à manifester la gloire de D.ieu en Son peuple comme le dit Bérakhote 6a commentant le verset de Dévarim « et tous les peuples de la terre verront que le nom de D. est placé sur vous ». Effectivement, les diverses religions qui se sont inspirées de la Torah partiellement n’ont pas gardé ce sceau de la fidélité. Les Nazis aimaient humilier ou croyaient humilier le Juif porteur de son insigne comme on le voit sur cette photo où ils ont détruits les tefilines. 


Commentaires sur les téfilines : le Chla et Réchite ‘Hokhma

Le Chla (voir ici qui est le Chla et son enseignement)
Il nous donne la conscience des dimensions principales qui sont mises en oeuvre par notre action de porter les téfilines.
Il faut  se remémorer ces significations avant de faire la mitsva de les placer.
Les 4 passages de la Torah inscrits dans les téfilines (4 parachiyotes)  nous montrent :
- ce que le Créateur a voulu réaliser : une unification entre Lui et le monde et Son peuple, sous l’image de l’union de l’époux et de l’épouse.
- les 4 textes nous montrent que pour cela, il a réalisé miracles (nissim)et faits  prodigieux (niflaotes).
-les téfilines utilisent Ses procédés de force qui descendent de Lui.
A partir de là, notre intention et notre connaissance et notre acte de mettre les téfilines :
- réalisent la volonté de Hachém,
- réalisent l’union indiquée à l’image de l’époux et de l’épouse, et les lanières sont les liens et la proximié et la bague de l’amour,
- font descendre la bénédiction dans le monde,
- font contrôler par ces liens les forces négatives qui agissent dans le monde, qui veulent nous illusioner, nous tromper, éveiller en nous le yetser ha râ,
- soumettent ces forces négatives, et tous ceux qui nous veulent du mal, au bien qui gouverne vraiment le monde,
- soumettent au service de D. notre tendance aux fautes des pensées de la tête, des sentiments du coeur, des forces des sens et des actes,
- remet tout cela dans les liens (lanières) de l’amour.
Comme nous ne sommes pas capables d’intention pure et parfaite, nous demandons que notre acte soit comme si nous le faisions avec la perfection de la connaissance, de l’intention jusque dans les détails.

Le Réchite ‘hokhma de Rabbi Eliahou Moché Vidas
Nous allons consacrer une longue étude à Réchite ‘hokhma, « le commencement de la Sagesse », qui est un ouvrage du Gaone (grand) et ‘Hassid (pieux) Rabbi Eliahou Moché Vidas (16e  siècle). Ce livre, vénéré dans tout le judaïsme, est considéré comme l’un des piliers de base de la littérature du  moussar (morale de vie) et de la ‘hassidoute.
 Il a la particularité d’avoir été écrit, à la suite de l’expulsion d’Espagne, par l’un des sages de Safed au 16° siècle, élève de R. Moché Cordovéro et du Ari zal. Il y fut terminé l’année de la mort de Rabbi Yossef Caro. 
 Il est basé sur les enseignements de l’Ecole de Safed et des expulsés d’Espagne. 
 Il fait le lien et la synthèse entre l’étude, la vie intérieure, la prière, l’action et l’éducation. 

Comment procède-t-il ? 
 - il se base avec précision sur les sources essentielles : la Torah, la guémara, le middrache, les premiers écrits et le Zohar ; 
 - en 5 grands chapitres (crainte, amour, téchouva ou retour, qéddoucha ou sainteté, ânava ou humilité) il éclaire sur ce  thème: « comment vivre le programme de la Torah dans l’action avec le coeur, la pensée et toutes les forces pour connaître Hachem dans toutes nos voies ». Ce qui concerne les téfilines est dans le 6e livre consacré à la qédoucha, sainteté.
 Comme la plupart des livres de moussar, il est écrit dans un style limpide. 
 Les éditions actuelles sont remarquables parce qu’elles donnent toutes les références et sources et la traduction des passages d’araméen en hébreu simple. Ce livre est à placer dans la même catégorie que ‘Hovote hallévavote. Pour les biographies de tous les maitres, voir ici.  Commençons.
Les téfilines ont pour but de nous rappeler que nous sommes des réchaïm (méchants) et avons besoous remettre dans le droit chemin de  l’union de sainteté, et de ne plus redescendre de ce niveau. Ils sont donc un remède qui nous aide à être fidèle et à ne plus nous éloigner de notre être véritable et à ne plus pécher.
Nous faisons alors une unité du haut, de la tête, du coeur, de l’action  mais, plus encore, cette unité est à l’image de Unité de D.ieu. Comme le dit le Zohar en Qidouchine 81a, c’est cela le sens du verset  « il a fait l’homme à Son image et à Sa ressemblance. Il est Un et Israël est comme Lui, peuple Un,  Yisrael goï é’had. Seulement alors le Juif est Un, seulement alors le peuple est Un.
Alors, ce que nous attendons peut se réaliser : l’aide de D.ieu car Il ne vient que vers ce qui est adapté à Lui qui est Un. En cela se réalise le verset d’Isaïe 49, 3 : Israël en qui en toi Je m’embellis, Yisrael acher békha etpaer. Nos Sages  disent aussi de cela que c’est l’heure où l’homme se rend saint (mitqaddeche).
Les batim, compartiments comportant les parchemins écrits, sont comme un sanctuaire de la présence divine, michkane ha Chékhina.  Ils témoignent que, depuis le Haut, dans Sa lumière, D.ieu adhère à nous ; mais sous une forme cachée et protégée  face aux forces négatives menaçantes. Par les 7 parachiyotes ils montrent le nom divin de 4 lettres. Il manifeste la lumière (or) en la protégeant sous l’ apparence de la boîte en peau (ôr).
Pour ces motifs, les Sages des périodes lointaines ne faisaient pas 4 pas sans porter leurs tsitsite et les téfilines. Cela répare les failles de monde (métaqén ha kissé), est comme si on avait accompli toutes les mitsvotes et ces téfinines gardent du péché comme le fait la mézouza. Aussi, disent-ils, heureux l’homme qui met les téfilines et connait leur sens et leurs secrets.
Comme c’est un signe d’affirmation de tout cela, celui qui dit le Chémâ Yisrael le matin sans porter les téfilines apporte un témoignage mensonger (édoute chéqér). 

Les téfilines de la tête
On comprend maintenant, devant cette grandeur que l’on puisse dire que D.ieu met chaque jour les téfilines et qu’il sont la manifestation de Sa présence, de la Chékhina d’En-haut. C’est pour cela que nous mettons les téfilines de la tête en étant debout (Zohar Térouma 133, 1) comme l’époux qui vient vers la fiancée. Le livre des Tiqounim (pages 55a et 144a) met cela en relation  avec le Nom par lequel D.ieu s’est révélé à Moché : Ehié.
Quant aux deux lettres chine placées sur ces téfilines de la tête, elles symbolisent la descente de la bénédiction qui se fait en 7 étapes qui sont symbolisées par les 7 filles qui servent le Roi dans le Livre d’Esther 2, 9.

Les téfilines du bras
Ils manifestent à leur tout l’adhésion de D.ieu à Son peuple (Chékhina d’en-bas) comme il est dit en Béréchite 44, 30 : sa vie attachée à la sienne, nafcho qéchoura vé nafcho.  L’unité faite alors en Israël est manifestée par  le rapprochement de la main droite qui place la courroie sur le bras gauche. Et, quand l’union est descendue depuis la tête jusqu’au coeur et arrive au bras de l’action, après cette complétude, la note finale est la lettre youd qui est dessinée sur la main par la lanière comme la bague du mariage. C’est le ‘hatane qui vient vers sa kala, fiancée qu’il épouse.

Il n’est pas possible de comprendre et retenir tout cela rapidement. Mais, au moins, cette étude avec les Sages nous montre l’importance des téfilines. On comprend maintenant pourquoi c’est ce signe qui a été choisi comme marque de l’entrée dans la vie adulte où le Juif assume et affirme son identité. Inversement, celui qui ne les met pas est comme un époux qui délaisserait son épouse ; c’est un état de rébellion contre notre appartenance. Et celui qui, au contraire, vient ré-assumer la fidélité à l’alliance et fait téchouva, choisit d’abord de remettre les téfilines tous les jours.

Nombreux sont ceux qui ignorent encore toute cette richesse. C’est le cadeau de bar- mitsva que leur fait notre site Modia. 
Ceux, très nombreux, qui dépensent beaucoup de temps et d’argent (à juste titre) en psychologie pour découvrir leur identité et l’améliorer chaque jour apprécieront de découvrir aussi tous les instruments de développement personnel que le judaïsme nous offre.
Dans ces parcours, nous tenons compte de ces deux dimensions simultanément.


Référence d’étude pour les étudiants avancés
Fabrication des téfilines
Michnah, Ména’hote 3, 7. Méguila 1, 8.
Guémara, Ména’hote 28-38. Chabbate 23a, 28b, 108a. Méguila 8b. Sotah 20a.
Rambam, Hilkhote téfiline.
Sémag, Pos 21 et 22.
Choulkhane Aroukh, Ora’h ‘Hayim 27 et 32-33.
Voir aussi, pour le sens et la pratique :
Bérakhote 6a, 7a, 9b, 11a, 14b, 15a,  17b, 18a, 23a, 24a, 30b, 47b, 57a, 62a. Chabbate 49a, 118b, 130a. Kiddouchine 33b-34a et  35a, Roche Ha Chana 17a, Erouvine 95a-96a.


Comment faire pour mettre les téfilines
D’abord, penser aux intentions et sens vus ci-dessus, et ne pas interrompre par aucune autre parole ou action.
1. On met d’abord le tallite. Comment ?
- on le saisit de la main droite puis également de la main gauche et, bras tendus,  on le tend devant soi comme un grand carré, son haut placé en bas.
- on dit la bénédiction.
- on passe les mains derrière la tête qui est ainsi  recouverte par le tallite.
- on  fait passer sur l’épaule gauche devant la tête le tallite que l’on tient par la main droite.
- on fait passer dessus le tallite que l’on tenait de la main gauche et on attend le temps de faire 4 pas  virtuels.
- on fait glisser le tallite qui repose alors sur les épaules.
2. On met alors les téfilines du bras
- sur le biceps gauche, la boîte placée contre le coeur.
- on dit la bénédiction des téfilines et on serre et ajuste bien sur le biceps.
- on fait 7 spires sur le bras avec la lanière (vers l’intérieur pour les askénazes, et vers l’extérieur pour les sépharades).
- on garde le reste de la lanière dans la main.
3. On met alors les téfilines de la tête
- la boîte après la lisière des cheveux sur la frontanelle, exactement dans l’axe du nez.
- le noeud arrière bien ajusté sur le petit os de l’arrière du crane.
- les deux lanières descendent  devant le buste bien droit.
4. On termine par la main
- on dessine sur les doigts avec la lanière une lettre chine (dessin différent suivant les communautés) en disant un verset.
Pour enlever les téfilines on fait en sens inverse. Il va de qu’il faut apprendre auprès d’un Juif qui pratique.

Laisser un commentaire